Chelsea a annoncé le 30 août 2026 l’arrivée d’Emiliano Martínez en provenance de l’Aston Villa, avec un contrat de trois ans. Le communiqué s’ouvre ainsi : “The 33-year-old goalkeeper, who won the World Cup in 2022, has signed a three-year deal with the Blues”. De l’autre côté, l’Aston Villa, dans une note reprise par Sky Sports, confirme que le gardien “has completed a permanent transfer to Chelsea”. Dans les deux textes le verbe est au passé : pas un accord trouvé, un transfert bouclé. Quatre heures plus tard, Martínez était sur le terrain, titulaire à Stamford Bridge.
Le point intéressant n’est pas la signature. C’est la date. Onze jours plus tôt, l’Aston Villa avait déjà acheté le gardien qui le remplaçait.
L’opération en résumé
| Élément | Détail |
|---|---|
| Joueur | Emiliano Martínez, 33 ans (né le 2 septembre 1992 à Mar del Plata) |
| Poste | Gardien de but |
| De | Aston Villa |
| À | Chelsea FC |
| Formule | Transfert à titre définitif |
| Contrat | Trois ans, échéance au 30 juin 2029 |
| Maillot | Numéro 26 |
| Montants déclarés par les clubs | Aucun |
| Date du communiqué | 30 août 2026, 08:00 UTC |
Ce que disent les communiqués, et les deux choses qu’ils ne disent pas
Le texte de Chelsea est long et détaillé : l’Independiente, Arsenal à partir d’août 2010, à dix-sept ans, les prêts, la FA Cup 2019/20, l’Aston Villa depuis septembre 2020. Il compte les apparitions (“He made 256 appearances for Villa across six seasons”), l’Europa League soulevée en mai, les 67 sélections avec l’Argentine, les deux Trophées Yachine de 2023 et de 2024. Il se referme sur “Welcome to Chelsea, Emi!”.
Deux informations n’y sont pas. La première est le prix : aucun montant, dans aucun des deux communiqués. La seconde est le numéro de maillot, qui n’apparaît pas dans le texte de l’annonce et se lit en revanche sur la page officielle de l’effectif masculin du club, où Martínez figure avec le 26.
Les mots du joueur, c’est Chelsea qui les met dans le même communiqué, et ils en disent plus que n’importe quel chiffre : “I want to be successful here. I’m someone who wants to win at everything I do and I want to bring that here to this football club because it’s a football club that wins titles, so I think it’s a good match”.
Onze jours : la chaîne de remplacement à Villa
Le 19 août 2026, l’Aston Villa annonce Zion Suzuki en provenance de Parme. Contrat jusqu’au 30 juin 2031, et le maillot numéro 1 : c’est-à-dire le numéro que Martínez avait laissé libre en août 2024 en passant au 23, celui qu’il porte en sélection. Le club achète le remplaçant sans avoir encore vendu le titulaire, et Unai Emery le déclare sans détour : “We have signed Suzuki not for the future, but for now”. Peu après, plus net encore : “we signed Suzuki to replace him”.
Le 23 août, Villa ouvre le championnat au Falmer Stadium et perd 4-0 contre Brighton. Dans les buts, ce n’est pas Martínez, et ce n’est pas non plus Suzuki : c’est Marco Bizot, qui dans les tableaux d’apparitions de la saison figure comme le seul gardien de Villa avec un match joué.
C’est le fait qui soutient tout le reste : entre le 19 et le 30 août, Martínez n’a pas joué un seul match, et sa dernière apparition avec l’Aston Villa reste la finale de l’Europa League du 20 mai 2026, gagnée 3-0 contre Fribourg, qu’il disputa selon le Birmingham Live avec un doigt cassé à l’échauffement.
Qui a demandé quoi
Les déclarations d’Emery recueillies par le Birmingham Live racontent une séparation voulue aussi de l’autre côté, pas une mise à l’écart : “Martinez transmitted to us the possibility to have another challenge in his career, not just now and even last year”. Sky Sports décrit la situation en termes de rôle, c’est-à-dire comme une rétrogradation au rang de deuxième gardien après l’arrivée de Suzuki.
Un précédent existait, et il est documenté : en novembre 2025, Emery lui avait retiré le brassard de vice-capitaine pour le confier à Ezri Konsa. Et lors de la saison 2024/25, Villa avait encaissé 45 buts, seuls quatre gardiens de Premier League ayant fait pire.
Pourquoi 7,5 millions ne mesurent pas le gardien
Sur les montants, le conditionnel s’impose, parce qu’aucun club n’en publie. Sky Sports, BBC Sport et le Birmingham Live écrivent tous les trois que l’opération vaut 7,5 millions de livres : trois reconstructions concordantes, et aucune confirmation des clubs.
La comparaison qui compte est celle avec ce que Villa venait tout juste de dépenser. Pour Suzuki, selon les mêmes reconstructions, le club a déboursé environ 30 millions de livres, indiqués aussi sous la forme de 25,6 millions initiaux plus 4,3 de bonus. Le rapport est de un à quatre, et il ne dit rien sur la qualité des deux gardiens : il dit tout sur la position de négociation. Un club qui a déjà signé le remplaçant pour cinq ans ne peut pas menacer de garder son titulaire, et un gardien de trente-trois ans avec trois saisons de contrat restantes (il avait prolongé le 21 août 2024 jusqu’en 2029) n’a pas une file d’acheteurs à sa porte. La seule alternative apparue, la Juventus, s’était déjà retirée en choisissant Guglielmo Vicario en provenance de Tottenham : c’est ce qu’écrivent aussi bien Sky Sports que le Birmingham Live. Six ans plus tôt, pour l’amener depuis Arsenal, Villa lui-même avait dépensé environ 20 millions selon la presse de l’époque.
La morale du mécanisme est plus large que ce transfert : un patrimoine devient un coût à l’instant exact où le club signe celui qui le remplace. Pas quand il vieillit, pas quand il joue moins bien. Le 19 août, Martínez était encore le gardien qui, le 19 juillet, avait arrêté onze tirs en finale de la Coupe du monde ; onze jours plus tard, il était cédé pour un quart de ce qu’avait coûté son remplaçant. Entre les deux, il n’était rien arrivé au joueur.
L’axe Birmingham-Londres, et les vrais zéros
Les 7,5 millions sont aussi la plus petite ligne d’une relation commerciale énorme. Le 21 juillet, l’Aston Villa avait cédé Morgan Rogers à Chelsea pour un montant que les reconstructions situent à 117 millions de livres, présenté comme un record entre deux clubs britanniques, et le 28 août il a acheté Nicolas Jackson à Chelsea pour 65 millions selon The Athletic. Rogers était sur le terrain avec Chelsea précisément lors du match des débuts de Martínez.
Et le gardien n’est que le dernier d’une longue liste de départs : Lucas Digne au Paris Saint-Germain, Ezri Konsa à Arsenal, Youri Tielemans, et le même 30 août Ollie Watkins à Al Hilal pour un montant que The Athletic situe à 50 millions.
Quatre heures après l’annonce, les débuts
Chelsea-Brighton 4-3, coup d’envoi à 14:00 BST, 39 494 spectateurs. Le compte rendu officiel du club est sec : “Emi Martinez, whose signing was confirmed earlier in the day, started in goal”. Buts de Lavia, Neto, João Pedro et Palmer ; pour Brighton Yalcouye, un but contre son camp de João Pedro et Gross à la 90e+6. Alonso avait changé sept hommes par rapport à la Carabao Cup du jeudi.
Trois buts encaissés pour ses débuts, et une victoire. Alonso : “He’s a World Cup winner with experience all around. I spoke with him yesterday [Saturday], we talked about the game, about our team and he felt ready”. Et ensuite : “He wanted to have a clean sheet but I’m happy. He has only been here for 48 hours”. Sur les retombées dans le vestiaire, il est encore plus explicite : “He has charisma and aura to have a very positive influence on the rest of them”.
Le gardien, à Sky Sports, réunit l’adieu et l’objectif : “I came here to help. I had an amazing seven years at Aston Villa and I’ve come here to challenge myself and try and win the Premier League”. Ce sont ses mots et il faut les lire comme tels : à Villa il était arrivé en septembre 2020, donc son passage est d’un peu moins de six ans, et c’est le compte que font les deux clubs.
La hiérarchie que personne n’a déclarée
Devant Martínez, sur le papier, il y a encore Robert Sánchez : numéro 1, arrivé de Brighton en 2023 pour 25 millions de livres, contrat jusqu’en 2030, 112 apparitions avec Chelsea. Derrière, dans la liste des maillots du 30 août, il y a Teddy Sharman-Lowe, Mike Penders et Gabriel Slonina.
Sky Sports rapporte que le club envisageait une intervention tardive sur le poste après l’erreur de Sánchez lors de la victoire du lundi 24 août à Craven Cottage. C’est une reconstruction journalistique, pas une position de Chelsea : aucun communiqué n’indique de hiérarchie, et Alonso n’a pas dit que Sánchez perd sa place. Ce que l’on sait, c’est qu’au premier match utile, dans les buts, il y avait le nouvel arrivant.
Ce qui n’est pas public, et il vaut mieux le dire
Il manque pas mal de choses, et ce ne sont pas des détails. Aucun club n’a déclaré de montant, donc on ne sait pas si les 7,5 millions sont fixes, s’ils comprennent des bonus, s’il existe des pourcentages sur une future revente ; le salaire n’est pas public. Le décompte des apparitions avec Villa diverge d’une unité entre la source officielle (256) et le Birmingham Live (255). Les minutes jouées, avec Villa et lors des débuts londoniens, aucune des sources ouvertes ne les publie, et un total de matchs sans encaisser de but avec l’Aston Villa ne ressort de nulle part. Le classement non plus n’aide pas : à la date du communiqué, Villa n’avait joué qu’un seul match, et une position après une journée ne signifie rien.
Ce qu’il faut regarder maintenant
Les cages de Villa. Le 31 août à 20:00 BST, Arsenal arrive à Villa Park, et à la date de la cession Suzuki n’avait pas encore débuté : le gardien payé quatre fois ce qui a été encaissé pour le champion du monde doit encore jouer son premier match anglais. Emery laisse même une porte ouverte : “My ideal scenario with the goalkeeper is really fantastic, but maybe we can still change something”.
Les cages de Chelsea. Deux matchs de championnat, deux victoires, sept buts marqués et cinq encaissés : le rendement défensif est la raison que la presse indique derrière l’intervention sur le poste, et c’est la première chose mesurable à partir de maintenant.
L’état civil. Martínez fête ses trente-quatre ans le 2 septembre, trois jours après la signature. Chelsea n’a pas acheté une perspective : il a acheté le gardien qui, en juillet, a perdu une finale de Coupe du monde 1-0 contre l’Espagne après prolongation, avec onze arrêts qui restent le record pour un gardien en finale mondiale. Sur trois ans de contrat, et avec une dépense que les reconstructions fixent sous les huit millions, c’est un pari que le bilan supporte même si le terrain devait dire non.
Sources : communiqués officiels de Chelsea (30 août 2026) et de l’Aston Villa (30 août 2026, reproduit par Sky Sports, et 19 août sur Zion Suzuki) ; page officielle de l’effectif de Chelsea et compte rendu officiel de Chelsea-Brighton 4-3 ; Sky Sports, BBC Sport, Birmingham Live, The Athletic ; notices encyclopédiques et archives publiques de transferts. Aucun des deux clubs n’a déclaré le montant : les chiffres cités sont des reconstructions journalistiques.
Questions frequentes
Combien Emiliano Martínez a-t-il coûté à Chelsea ?
Aucun des deux clubs ne l'a déclaré. Le communiqué de Chelsea parle seulement d'un contrat de trois ans, celui de l'Aston Villa d'un transfert à titre définitif. Sky Sports écrit que l'opération vaut 7,5 millions de livres, le même chiffre rapporté par BBC Sport et par le Birmingham Live. C'est une reconstruction journalistique concordante, pas une donnée contractuelle : savoir si ces 7,5 millions sont fixes ou s'ils comprennent des bonus, et s'il existe des pourcentages sur une future revente, ne ressort d'aucune source publique.
Quel contrat Martínez a-t-il signé et quel numéro de maillot porte-t-il à Chelsea ?
Un contrat de trois ans, comme le dit le communiqué officiel de Chelsea du 30 août 2026, avec une échéance au 30 juin 2029 selon les archives publiques de transferts et les tableaux de l'effectif. Le maillot est le numéro 26 : le communiqué ne le cite pas, le numéro apparaît sur la page officielle de l'effectif masculin du club. À l'Aston Villa il portait le 23, choisi en août 2024 à la place du 1 parce que c'est le numéro qu'il porte en sélection.
Pourquoi l'Aston Villa a-t-il cédé un champion du monde pour un montant aussi bas ?
Parce qu'il avait déjà acheté celui qui le remplaçait. Le 19 août 2026, Villa avait annoncé Zion Suzuki en provenance de Parme, avec un contrat jusqu'au 30 juin 2031 et le maillot numéro 1, pour un montant que les reconstructions de presse situent autour de 30 millions de livres. Unai Emery l'a dit de façon explicite : « we signed Suzuki to replace him ». Un club qui a déjà signé le remplaçant pour cinq ans n'a plus le levier de pouvoir garder son titulaire.
Combien de matchs Martínez a-t-il joués avec l'Aston Villa ?
Le communiqué officiel de Chelsea écrit 256 apparitions en six saisons, et la même somme ressort des tableaux statistiques publics (213 en Premier League, 9 en FA Cup, 1 en EFL Cup, 33 dans les coupes européennes), toujours avec zéro but. Le Birmingham Live, le même 30 août, écrit en revanche 255. L'écart est d'une apparition et il n'existe pas de troisième décompte qui tranche : la donnée du club est 256.
Martínez a-t-il déjà débuté avec Chelsea ?
Oui, le même 30 août, quelques heures après l'annonce : titulaire lors de Chelsea-Brighton 4-3 à Stamford Bridge, coup d'envoi à 14:00 BST devant 39 494 spectateurs. Il a encaissé trois buts. Xabi Alonso, en fin de match : « He wanted to have a clean sheet but I'm happy. He has only been here for 48 hours ».
Martínez devient-il le gardien titulaire à la place de Robert Sánchez ?
Ce n'est pas un fait, c'est une prévision. Aucun communiqué de Chelsea n'indique de hiérarchie entre les gardiens et Alonso n'a pas dit que Sánchez perd sa place. Ce qui est vérifiable, c'est que Sánchez reste le numéro 1 dans la liste, avec un contrat jusqu'en 2030 et 112 apparitions, et que Martínez a joué titulaire le premier match disponible après la signature.